Le Village

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Petite Histoire de Durban

Bien que l’on ne trouve pas de trace du nom DURBAN avant 1018, il est incontestable qu’un habitat y était déjà édifié. L’origine en était une villa Gallo-Romaine comme en témoignent de nombreux tessons de poteries que l’on peut dater des premiers siècles de notre aire.
Les vestiges paléochrétiens du IIème siècle nous incitent à penser que c’est à cet endroit que fut édifié la première église dédiée à Saint-JUST (Patron présent dans la liturgie wisigothique) et dont le tènement porte toujours le nom au confluent de la Berre et du Barrou.

Cette agglomération a cohabité longtemps avec le castrum qui commença à s’établir sur la rive droite de la Berre surplombant celle ci d’un à pic, certainement pour se prémunir de la menace des invasions barbares, qui, pendant un certain temps ravagèrent la région avant l’établissement plus pacifique des Wisigoths dès le Vème siècle.
Après l’occupation romaine ce sont les Wisigoths qui ont laissé le plus de traces, tant dans l’étymologie, l’architecture que dans le mode de vie de notre région. En témoignent les tombes découvertes au Mourel de Saint-Estève, la pierre tombale Wisigothe de Lurio, la chapelle de Sainte Ruphine.

Histoire de durban

Dans le courant du VIIIème siècle, les barbares Francs, chassant les Sarrasins vers l’Espagne avaient fait de la Corbière un véritable désert d’hommes. C’est au XIXème siècle que CHARLEMAGNE voulant peupler cette région frontalière prit des mesures pour revaloriser ces terres abandonnées et sous le nom «d’aprison» décréta que toute personne qui s’installerait, travaillerait et vivrait sur cette terre et recevrait des titres de propriété. Il est à peu près certain que Guillaume IBERINUS, dit l’Ibère, s’est installé dans ces conditions. Ce patronyme l’YBERE apparaît dans les archives jusqu’en 1229.
L’histoire du village est intimement liée à celle du château et de ses occupants à savoir la famille des DURBAN puis des TREILHES-GLEON DURBAN qui y vécut durant 600 ans jusqu’à la mort du dernier descendant direct Joseph de Gléon, Baron de Durban, le 5 juillet 1787 à l’âge de 82 ans.

La puissante famille des Durban a fortement marqué la Corbière, tout au moins la Corbière maritime pendant tout le moyen âge. Le château, berceau de son pouvoir, n’a rien d’une «citadelle du vertige» comme les principaux châteaux des Hautes Corbières et fait plutôt figure de résidence seigneuriale, manoir à vocation plus agricole que guerrière. Ce n’est pas un château dit «Cathare» car la Vicomté de Narbonne et par conséquent Durban était restée fidèle au roi de France et à été moins impliquée dans l’hérésie cathare.
L’église de Durban est en réalité l’ancienne chapelle du château; elle n’est devenue paroissiale qu’en 1351. Elle communiquait avec le château par un arceau construit en encorbellement qui permettait aux seigneurs d’assister aux offices depuis la tribune de l’église. On aperçoit encore sur le pignon OUEST ce passage (style fenêtre romane) bouché.

Le bourg de Durban avait au XVIIIème siècle 450 à 500 habitants : en 1752, 49 familles sont inscrites sur le rôle des impôts, taille et vingtième de Durban.
L’activité principale était l’élevage des ovins (environ 2500 brebis recensées en 1755) la production de céréales venait ensuite, enfin la vigne pour les propriétaires les plus fortunés.
La communauté était régie par une assemblée de consuls mais les décisions devaient être entérinées par le Baron de Durban pour être valables.

Le 22 mars 1873, un des derniers héritiers Henri de GLEON, vend à Paul COMBES de Durban le château et diverses pièces alentour pour la somme de 700 francs.
Monsieur COMBES entama la démolition du château dans le but de se procurer les matériaux nécessaires à la construction d’une maison plus modeste dans le village. Il récupéra tuiles, pierres taillées,escaliers, linteaux. Mais il prit peur devant l’ampleur des travaux et du danger qu’ils pouvaient occasionner. Il vendit donc le château ruiné pour une somme symbolique à un militaire espagnol qui y habita quelque temps dans une seule pièce non démolie, avant de repartir en Espagne.
Le château devint domaine public et comme tel, fut considéré comme carrière de pierres de construction, d’où son état actuel. En 1989 il devint propriété de la commune.

La fin du XIXème siècle début du XXème ont vu des constructions importantes:

  • Le bâtiment Mairie école en 1891
  • La passerelle style EIFFEL en 1893
  • La cave coopérative en 1913, démolie plus tard
  • La gendarmerie

Comme en témoignent quelques cartes postales des années 1900, la ligne de chemin de fer Ripaud – Tuchan de la compagnie des tramways à vapeur du département de l’Aude a été ouverte le 10 octobre 1902. A Durban, dans la traversée du village, la voie ferrée longeait la route coté rivière.

Le développement de nouveaux moyens de transports (automobiles, autobus camions) va entraîner en 1932 la cessation de cette aventure ferroviaire.

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